
Mec, j’l’aime pure quand je traîne tard Les fruits d’la passion n’ont pas dilué son nectar Au fond d’elle-même, puisqu’elle courbe l'échine Se distille telle quelle, soudain tout s’réfléchit J’vis dans les bars louches accouchant du diable Où j’alourdis les pages composant mes verres de rouge J’ai en oim une lesbienne peu farouche Y a des femmes en chacun d’nous, la mienne se touche Au fil du temps, il me semble bien répandre L’encre en tumeur quand mes humeurs sont novembre Rien n’en redescend, Paris danse sous les gyrophares Certaines lumières nous rapprochent des années noires Sans vertige, les gens vivent comme ils chuchotent Et supportent les invectives des journées qui les affligent Comme prisonniers de leurs finances inhérentes J’vis pour ma part dans un silence éloquent Le nombre d’or flotte, tout au nord d’ma feuille Comme les tchadors t’accueillent, j’porte le deuil quand tout l’monde dort J’accueille une mort aveugle à tous points d’vue De la nuit, ferme pas l'œil, qu’on se toise aux coins d’rue de ma ville Des allers-retours d’un trottoir à l’autre J’pars m'émouvoir de l’aube qui n’se compte qu'à rebours Et j’tourne en rond quand le sens est direct On pense tous être le centre d’un cercle La vie et ses secrets que peu d’nous gardent en abysse En état d’stress, j’pars prendre ma retraite vers un véritable asile Car j’préfère quand les lumières d’la ville s'éteignent Quand seules les ombres se guettent l’atmosphère est plus respirable ainsi Quand mes cernes s’affirment à contre-jour de l’aurore Et qu’tout l’monde dort pour pouvoir discerner c’qu’elles cachent sous leur rondeur Voilà pourquoi j’aime les bars sans fond sonore Accoudé au zinc j’en oublie presque que mes états d'âme n’ont pas d’odeur Car à c’t heure la seule fille à qui j’raconte ma vie N’est qu’une bouteille de gin qui se vide de toute sa fatigue Elle en a marre d’m'écouter chialer sur une bougie Ou que j’la flatte tel un XXX quand plus rien n’la fait rougir S’en fout que j’lui raconte mes problèmes de gonzesse S’contente de remplir mon verre d’une indifférente politesse Elle en a vu défiler mille des pauvres types androgynes Grise mine, vomissant leurs conneries en pensant qu’ils cogitent J’continue d’geindre tant qu’elle m’filera pas l’tournis Un singe en hiver qui cherche l’ivresse ou tout simplement l’oubli Tellement d’regrets, rêve de m’envoler pour Madrid Rejoindre un amour de jeunesse qui a refait sa vie Essaye de quitter son reflet dans un verre de Bombay Sapphire Dur de voir clair l’esprit embrumé par la nostalgie Celle que j’déteste tant, qui pointe son nez à chaque goulée Et m’réveille tremblant devant des pages qui refusent de s’tourner La vie et ses secrets que peu d’nous gardent en abysse En état d’stress, j’pars prendre ma retraite vers un véritable asile Car j’préfère quand les lumières d’la ville s'éteignent Quand seules les ombres se guettent l’atmosphère est plus respirable ainsi Quand mes cernes s’affirment à contre-jour de l’aurore Et qu’tout l’monde dort pour pouvoir discerner c’qu’elles cachent sous leur rondeur Voilà pourquoi j’aime les bars sans fond sonore Accoudé au zinc j’en oublie presque que mes états d'âme n’ont pas d’odeur2015
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