
J’me sens faiblir quand tu me fais lire ce que tu reçois Si tu veux partir, moi j’veux partir avec toi J’arrive pas à croire qu’on est déjà rendu là Si tu veux partir, moi j’veux partir avec toi Dans un endroit où personne nous pointe du doigt Les monstres se cachent pas sous nos lits Mais sous notre ignorance Avant de te connaître, j’pensais vivre au paradis Où tout l’monde est honnête, bien ouvert des bras et de l’esprit Mais non, le clan élargit sa clique Derrière l'écran on t'écrit: «Retourne dans ton pays «Je me dis qu’on vit parmi les rednecks d’Amérique J’aurai beau vouloir changer la donne avec des mots, de la musique On sera des bêtes de cirque avant longtemps Étrange pour un jeune peuple aussi vieux jeu d’avoir du mal à vivre en noir et blanc J’me sens faiblir quand tu me fais lire ce que tu reçois Si tu veux partir, moi j’veux partir avec toi J’arrive à croire qu’on est déjà rendu là Si tu veux partir, moi j’veux partir avec toi Dans un endroit où personne nous pointe du doigt Océans pleins, radeau vide Ce qui reste d’espoir derrière nos voiles, nos rides On s’envisage, s’envergure On se dévisage, se défigure Ce que l’on nie de ce que l’on est Ce qui nous définit nous défait Noir ou blanc de mémoire Aux angles morts de l’histoire Le bûcher de l’un, artifice de l’autre Des esclaves affranchis, des enclaves à franchir À qui la faute? L’erreur se répète, l’humanité bégaye L'évolution s’enfarge et le refrain s’enraye Pareils, tous humains, tous d’ailleurs D’ailleurs, une fois tombés le turban, la croix Y reste qui, y reste quoi? On n’est pas ça, on n’est pas seuls On est d’passage, de portage De presque rien, de quelques liens Rêves rasés, peuples écrasés C’est ça, faut se rappeler d’où l’on vient Pour jamais y retourner ! J’me sens faiblir quand tu me fais lire ce que tu reçois Si tu veux partir, moi j’veux partir avec toi J’arrive à croire qu’on est déjà rendu là Si tu veux partir, moi j’veux partir avec toi Dans un endroit où personne nous pointe du doigt Si tu veux partir, te départir De ces mots-là, de ces curés, de ces mollahs Si t’es écœurée à ce point-là À poings ouverts, on part d’ici À chaque pas, un nouveau pays On va arrêter de s’en faire, on va s’enfuir Mais on va où pour avoir la vie en couleur Voir clair sous nos bandeaux Crever nos dieux en douceur Entre leurs rêves et nos rives Ouvrir nos portes à la dérive, à l'étreinte À l’avenir Peu importe le cuir (On va s’enfuir) Peu importe la teinte (Vivants, vivaces) Sans laisser de traces Ici même la vierge Marie a la peau blanche Comme on n’en trouvera jamais dans le pays qui aurait connu les anges
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